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Il y'a 11 heureson
En Côte d’Ivoire, une nouvelle polémique a éclaté à la suite des récentes déclarations d’Alpha Blondy sur le procès de Laurent Gbagbo à la Cour pénale internationale (CPI).
Une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux a ravivé les débats sur les tractations entourant la libération de l’ancien président ivoirien, alors jugé par la Cour pénale internationale.
L’origine de la polémique
Invité de Claudy Siar dans le cadre de l’émission Couleurs Tropicales diffusée sur RFI, le reggaeman ivoirien a affirmé que le président Alassane Ouattara aurait joué un rôle important dans le dénouement du procès de son ancien rival politique.
« À l’époque où Gbagbo était en prison, j’ai dit au président Alassane Ouattara, à travers ma radio : “Pardon, fais tout pour contribuer en douceur à sa libération, il ne faudrait pas qu’il meure là-bas chez les Occidentaux.” Il a tout fait, Gbagbo est rentré. Et même des gens qui sont avec Gbagbo ne savent pas qu’Alassane Ouattara a mis son doigt pour que cette libération ait lieu », a déclaré Alpha Blondy.
Alpha Blondy, sincèrement on t’aime, mais là, je ne vois pas un Ivoirien lucide te croire. On ne plaide pas pour la libération de quelqu’un tout en envoyant ses avocats pour faire appel et demander sa condamnation
Ces propos, jugés éloignés de la réalité judiciaire du procès, ont rapidement suscité l’indignation sur la toile. De nombreux internautes ont dénoncé ce qu’ils perçoivent comme une réécriture de l’histoire.
« Alpha Blondy, sincèrement on t’aime, mais là, je ne vois pas un Ivoirien lucide te croire. On ne plaide pas pour la libération de quelqu’un tout en envoyant ses avocats pour faire appel et demander sa condamnation… », commente un internaute.
« Il y a même eu un recours du procureur pour le maintenir là-bas. À quel moment Ouattara est-il intervenu pour l’aider ? L’histoire est trop récente pour qu’on la déforme ainsi. », renchérit un autre.
Dans la même veine un internaute poursuit avec ironie : « Merci au président d’avoir contribué à la libération de Gbagbo pour ensuite le condamner à 20 ans de prison et le radier des listes électorales. »
Ce qui s’est passé à la CPI
Ouvert en 2016, le procès de Laurent Gbagbo a connu son dénouement avec l’acquittement des accusés le 31 mars au terme de multiple rebondissement.
En 2019, alors que l’acquittement total devait être prononcé en faveur des accusés en première instance, les avocats Jean-Paul Benoît et Jean-Pierre Mignard, mandatés par l’État de Côte d’Ivoire, s’étaient illustrés en déposé un recours devant les juges.
En février de la même année, ils avaient appuyé la procureure Fatou Bensouda en déposant un mémoire contre la levée des conditions imposées à Gbagbo, malgré l’acquittement des accusés Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé en première instance.
Le 25 octobre 2020, la Côte d’Ivoire, par l’intermédiaire des mêmes avocats, avait également demandé à la CPI l’autorisation de soumettre des observations écrites contre la libération totale de l’ancien chef de l’État.
Acquitté en appel le 31 mars 2021 des accusations de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, Laurent Gbagbo, de retour en Côte d’Ivoire après dix années de détention, reste sous le coup d’une condamnation au niveau nationale et est exclu du processus électoral de 2025. Les nombreuses démarches visant sa réintégration de l’ex-président se heurtent pour l’instant à l’inflexibilité des autorités ivoiriennes.
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