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Guerre dans l’Est RDC : Le Burundi dans le viseur du M23 et Rwanda pour soutien à Kinshasa

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Quelque 42 000 Congolais ont déjà franchi la frontière pour se réfugier chez leur voisin burundais. Ce dernier, qui soutient politiquement et militairement la République démocratique du Congo, se retrouve en première ligne face au conflit en cours au Sud-Kivu.

Quand le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a mis en garde à de multiples reprises – la dernière, ce 21 février, contre le risque d’un « embrasement régional du conflit » entre le Rwanda et la RDC –, tout le monde a saisi quel était le premier concerné par la formulation tacite : le Burundi.

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D’ores et déjà, plus de 42 000 Congolais ont franchi la frontière constituée par la rivière Rusizi, selon la représentante du haut-commissariat pour les Réfugiés au Burundi, Brigitte Mukanga-Eno.

Entre le Rwanda et le Burundi, les relations sont notoirement exécrables, et ce depuis plusieurs années. Voici un an que le pouvoir de Gitega – la capitale du Burundi depuis 2019, même si la ville principale demeure Bujumbura – a décidé de fermer toute frontière avec le voisin du nord, malgré les liens qui unissent les populations frontalières.

Le président burundais, Évariste Ndayishimiye, avait alors accusé Paul Kagame d’accueillir sur son territoire des membres du groupe Résistance pour un État de droit au Burundi (RED-Tabara), constitué par les protagonistes de la tentative de coup d’État manquée en 2015. Paul Kagame avait nié : de fait, le RED-Tabara se trouve dans la province du Sud-Kivu.

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« Nous n’accepterons pas d’être tués comme les Congolais », affirme le président du Burundi
Précisément, le Sud-Kivu, qui s’étend depuis les rives du lac Kivu jusqu’à celles du lac Tanganyika, longe toute la frontière entre la RDC et le Burundi. Et le groupe armé du M23, appuyé par l’armée rwandaise, continue sa progression qui semble inexorable.

Après Goma fin janvier, Bukavu, la capitale du Sud-Kivu, est tombée presque sans résistance le 16 février. Quelque 10 000 soldats burundais se trouveraient en RDC pour soutenir son armée (FARDC), ce que dénonce depuis plusieurs semaines Paul Kagame. Discrètement, le Burundi a débuté un retrait de ses soldats.

Désormais, les intentions du M23 et de l’armée rwandaise sont incertaines : s’agit-il de poursuivre les opérations en RDC ou de s’orienter vers le Burundi, distant de quelques dizaines de kilomètres seulement ? Les conséquences d’une extension du conflit se révéleraient catastrophiques pour toute la région, d’autant que les Forces de défense nationale du Burundi (FDNB) sont bien formées et encadrées et disposent d’une solide expérience militaire. Tout le contraire des FARDC, minées par la corruption et mal encadrées par des officiers dont les intérêts sont très souvent personnels.

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Le 11 février, Évariste Ndayishimiye s’était adressé aux Burundais en ces termes : « Vous savez que notre mauvais voisin (le Rwanda – NDLR) nous prépare du mal. Mais si on nous attaque, nous nous défendrons ! (…) Nous n’accepterons pas d’être tués comme les Congolais, ces hommes vivants qu’on égorge comme des chèvres ! »

Pour la première fois, le 21 février, les Nations unies ont condamné nommément le Rwanda pour son soutien au M23 et la guerre menée en RDC depuis début janvier.

Mais, en l’absence de sanctions réelles, notamment de la part de l’Union européenne et principalement de la France, qui s’en tient à des condamnations de façade, nul doute que Paul Kagame va pousser son avantage. Avec un basculement dans un conflit régional, dont le Burundi serait le prochain protagoniste.

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