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RDC : Les rebelles laissent des familles dévastées à la suite de leur avancée à l’est du pays

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Heshima grimace de douleur en essayant de déplacer son poids, la sueur perlant sur son visage. Ce petit garçon de 13 ans est assis sur un lit dans une tente située dans l’enceinte d’un hôpital surpeuplé de la ville de Goma, dans l’est de la République démocratique du Congo.

La jambe gauche de Heshima n’est plus qu’un moignon bandé, son ventre est constellé de traces de brûlures et ses deux parents ont été tués.

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Un parent, Tantine, nous dit qui est à blâmer : Les rebelles du M23, soutenus par le Rwanda et qui affrontent l’armée congolaise, connue sous le nom de FARDC. Les rebelles contrôlent désormais les deux plus grandes villes de cette région riche en minerais, qui borde le Rwanda.

« C’était un dimanche », raconte-t-elle. « Il y avait des combats entre eux et les FARDC. Ils ont lancé une bombe et j’ai perdu six membres de ma famille.

Le M23 se présente comme un groupe de combattants de la liberté, apportant la paix et l’ordre à un État en déliquescence et à un dirigeant en déliquescence, le président congolais Félix Tshisekedi.

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Le groupe rebelle, composé principalement de membres de l’ethnie tutsie, est en marche depuis le début de l’année 2022, s’emparant de pans entiers de territoire, avec l’aide de près de 4 000 soldats rwandais.

C’est ce qu’affirment les experts de l’ONU, selon lesquels le Rwanda exerce un « contrôle de facto » sur le groupe, ce que Kigali et le président rwandais Paul Kagame nient.

Les preuves qui montrent que le Rwanda soutient les rebelles en République démocratique du Congo

Le prix des gains du M23 peut être compté à l’hôpital de Ndosho, où Heshima est soignée.

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Les médecins peinent à résorber l’arriéré de civils et de militaires blessés fin janvier, lors de la prise de Goma par les rebelles. Le M23 affirme avoir « libéré » la ville.

Les combats ont fait près de 3 000 morts, selon une estimation de l’ONU.

Quatre salles d’opération sont utilisées – simultanément – tout au long de la journée et parfois de la nuit.

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« La situation est terrible pour les médecins », explique Myriam Favier, du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), qui soutient l’hôpital.

Les médecins dorment dans les salles d’opération.

« Nos fournitures médicales ont été pillées au tout début de l’escalade du conflit. Nous avons alors connu un afflux sans précédent – entre 100 et 150 patients par jour pendant des semaines ».

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Selon Mme Favier, le nombre d’admissions a été ramené à une dizaine par jour et « pour l’instant, les gens essaient simplement de revivre ».

En circulant dans Goma, les rues bourdonnent de motos. De nombreux magasins sont ouverts et les vendeurs sur les trottoirs sont de retour avec leurs piles d’oignons, d’avocats et de tomates.

Il y a peu de signes de la présence de combattants du M23 bien armés. Ils ne se tiennent pas au coin des rues. Ils n’en ont pas besoin. Tout le monde sait que c’est eux qui commandent.

Les gens accepteraient le diable ici, dit un habitant, s’ils pensaient qu’il apporterait la paix.

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D’autres sont plus méfiants. Un journaliste a déclaré que de nombreux médias « s’autocensurent » dans leurs reportages, attendant de voir comment les nouveaux dirigeants se comporteront.

Un militant m’a dit que beaucoup « vivaient dans un grand silence » par crainte de représailles de la part des rebelles.

« C’est la période la plus inquiétante de l’histoire de Goma », a-t-il déclaré. « J’ai peur, l’avenir est très incertain.

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Pas selon le M23.

« Attendez-vous à la paix, à la sécurité, au développement, à la création d’emplois… à un avenir sans réfugiés, sans corruption, sans faim », a posté Willy Manzi, un vice-gouverneur du M23 récemment rentré du Canada, sur la plateforme de médias sociaux X.

Mais un message différent a été délivré aux dizaines de milliers de personnes qui ont cherché refuge contre les combats de ces dernières années dans un réseau de camps à Goma.

Ils avaient 72 heures pour partir. Le M23 veut faire disparaître les camps, ainsi que tous les groupes armés rivaux qui s’y cachent.

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Ils sont venus et nous ont dit : « Vous avez trois jours pour partir », raconte Divine, 19 ans, qui a un enfant sur la hanche et un autre à ses pieds.

« Nous avons eu très peur parce que nous n’avions nulle part où aller. Nos maisons ont été détruites. La faim nous tue ici, mais comment pouvons-nous rentrer chez nous sans rien ?

Pendant qu’elle parle, une foule se forme autour de nous. Il y a des hochements de tête silencieux et des visages inquiets.

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« Ils étaient nos ennemis et maintenant ils sont nos voisins », dit un homme qui demande à ne pas être nommé.

La maison de Divine est le camp de Bulengo, une étendue de tentes blanches, perchées sur des roches volcaniques sombres, entourées de collines verdoyantes.

La plupart des abris ne sont guère plus que des bouts de bâches. Mais le camp était quelque chose à quoi s’accrocher – jusqu’à l’ultimatum du M23.

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Lors de notre visite, beaucoup étaient déjà en train de faire leurs bagages, de récupérer des bouts de bois et de plastique, et d’enrouler la literie.

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