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Politique

Côte d’Ivoire : « Le courrier de Sansan Kambilé à Zoro Bi s’apparente à une mise en garde »

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En réaction à la révélation faite par le ministre de la Promotion de la bonne gouvernance, du renforcement des capacités et de la lutte contre la corruption de magistrats épinglés pour des faits de perception de pots-de-vin

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En réaction à la révélation faite par le ministre de la Promotion de la bonne gouvernance, du renforcement des capacités et de la lutte contre la corruption de magistrats épinglés pour des faits de perception de pots-de-vin, lors de sa conférence de presse du 14 septembre 2021, son collègue de la Justice et des droits de l’Homme, Sansan Kambilé, lui a adressé un bien curieux courrier.

La lutte contre la corruption engagée par Alassane Ouattara pourrait prendre une autre tournure, à en croire les derniers éléments de ce dossier. Soit elle prend un tournant décisif et permet la mise hors d’état de nuire de toutes les personnes qui participent au retardement du pays en s’adonnant à la gabegie financière ; soit elle provoque un clash institutionnel entre membres du gouvernement.

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Dans un courrier datant du 15 septembre 2021, à destination du ministre de la Promotion de la bonne gouvernance, du renforcement des capacités et de la lutte contre la corruption, Epiphane Zoro Bi Ballo, le garde des Sceaux, ministre de la Justice et des droits de l’Homme, Sansan Kambilé semble difficilement cacher sa colère devant la révélation faite par son collègue du gouvernement. En effet, lors de la conférence presse qu’il a animée le 14 septembre, Epiphane Zoro Bi Ballo avait fait état de la corruption à une proportion inquiétante dans le système judiciaire ivoirien.Epiphane Zorro Bi Ballo

La lutte contre la corruption engagée par Alassane Ouattara pourrait prendre une autre tournure
« Il est fait état du paiement de pots-de-vin moyennant d’abandon de poursuites ou de prononciation de peine beaucoup plus légères ». Cette sortie du « policier » de la lutte contre la corruption venait confirmer les nombreux rapports internationaux sur la corruption et la forte ingérence de l’exécutif qui gangrènent le système judiciaire ivoirien. Dans son courrier qui a un parfum de mise en garde, le ministre de la Justice demande, « au regard de la délicatesse de la gestion des questions touchant aux magistrats, qui conformément au principe de la séparation des pouvoir, prévue par la constitution », de porter les cas de corruption à sa connaissance et que ce dernier ne fasse pas de déclarations publiques sur l’affaire.

Selon Sansan Kambilé, la gestion de ce dossier « relève du pouvoir judiciaire ». Il souhaite donc que le soin soit laissé à son département pour engager « des poursuites pénales et disciplinaires contre ces derniers ». La curiosité dans l’affaire, c’est que le ministre de la Justice ne se rend pas compte que par ce courrier et les injonctions qui y sont mentionnées, il est en train d’empiéter sur le travail de son collègue de la Promotion de la bonne gouvernance, du renforcement des capacités et de la lutte contre la corruption.Le ministre Garde des sceaux, Sansan Kambilé

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Le courrier de Sansan Kambilé à Zoro Bi s’apparente à une mise en garde
En confiant la mission de soustraire les brebis galeuses de l’administration judiciaire ivoirienne à Epiphane Zoro Bi Ballo, Alassane Ouattara ne lui a-t-il pas donné carte blanche pour agir en toute indépendance ? S’il est vrai que le ministre de la Justice tient vraiment à l’honneur et à l’intégrité de notre appareil judiciaire, pourquoi n’a-t-il pas initié des actions pour dénicher et faire rentrer les magistrats présumés indélicats dans les rangs suite aux nombreux rapports internationaux qui dénonçaient avec preuves la forte corruption dans le milieu des hommes en toge

A moins de vouloir créer un blocage, le garde des Sceaux gagnerait à laisser « le policier » de la lutte contre la corruption aller au bout de son action. Si avec des éléments factuels, il arrive à identifier les magistrats corrompus et leurs connections, en ce moment, la sanction prévue pourrait être appliquée. En insistant sur le fait que le cas des magistrats lui soit confié, alors qu’un ministre a été nommé exclusivement pour la lutte contre la corruption, Sansan Kambilé pourrait attirer des suspicions sur lui et donner libre court à la rumeur qui le désigne comme étant celui par qui cette gangrène passe pour enrayer l’appareil judiciaire ivoirien.

Générations Nouvelles

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