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Coupe du monde 2022 : Lions indomptables du Cameroun, l’histoire qui se cache derrière la mise à l’écart de André Onana

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Il y a quelques jours, je faisais part dans une de mes sorties, de l’ambiance pesante qui prévalait  au sein de la tanière des lions indomptables du CAMEROUN durant cette coupe du monde Fifa Qatar 2022. « L’affaire André Onana » qui secoue cette même tanière depuis près de 48h vient simplement le confirmer.

Dans un communiqué publié ce lundi 29 novembre, la fédération camerounaise de Football informe que le gardien de but Camerounais a été temporairement mis à l’écart pour des questions d’indiscipline. Une thèse qui tend à jeter en pâture le sociétaire de l’Inter de Milan, mais qui n’est pas tout à fait exact dans les faits. De quoi s’agit-il donc en réalité ?

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Tout remonte au mois de mars dernier. Aux lendemain de la CAN, un nouveau staff est nommé au sein des lions indomptables. Parmi ses membres, Souleymanou Haminou, ancien portier de cette équipe. Tout commence lorsque les lions sont en stage préparatoire à la double confrontation face à l’Algérie, en vue d’une qualification pour la coupe du monde Fifa Qatar 2022 qui se déroule depuis une dizaine de jours.

Après quelques séances d’entraînement avec le nouveau staff, notamment Souleymanou Haminou, entraîneur adjoint en charge des gardiens de buts, André Onana qui est rappelons le, est une référence mondiale à son  poste, va commencer à émettre des doutes sur la capacité du nouveau patron des gardiens de buts, à relever le challenge pour une sélection comme celle les lions indomptables.

André Onana pointe du doigt les contenus des séances d’entraînement spécifiques aux gardiens de buts, faisant référence aux exercices auxquels Souleymanou Haminou les soumet, qui pour lui sont vétustes, dépassés et non adaptés à l’entraînement du gardien de buts moderne. Pour rappel, Souleymanou n’a aucune référence comme entraîneur de haut niveau et n’était pas non plus un gardien de haut niveau quand il était joueur, ayant notamment fait l’essentiel de sa carrière dans de très modestes clubs du côté de la Turquie.

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André Onana va interpeller certains membres de l’encadrement technique et administratif à ce sujet, sans plus. Ces critiques font refroidir les rapports entre les deux hommes, mais jusque-là rien de plus grave. C’est quoi le rapport avec la situation produite au Qatar me demanderez-vous ?

Il se passe simplement qu’après la rencontre perdue un but à zéro face à la Suisse jeudi dernier, Souleymanou Aboubakar va faire le reproche à Onana de monter parfois trop haut sur le terrain, estimant qu’il prend des risques qui mettent en danger l’équipe. En réponse, André Onana lui dira que le positionnement bas de la défense faisait reculer le bloc camerounais, les mettant beaucoup plus en danger face aux suisses.

Par ailleurs il va noter que ses coéquipiers en défense avaient du mal à faire des relances vers l’avant et que sa position haute permettait au bloc d’avancer pour aller chercher l’égalisation et sa qualité de pied à la relance pouvait permettre au Cameroun de toucher directement les joueurs offensifs. Quelque chose de on ne peut plus logique pour qui a attentivement regarder cette rencontre. Souleymanou va insister pour faire entendre raison à son joueur, qui lui va camper sur ses position.

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Plus tard, lors d’une discussion technique à laquelle prennent part Onana, certains membres de l’encadrement technique parmi lesquels le manager sélectionneur et Ernest Obama le porte-parole du président de la fédération. C’est là le premier véritable tournant dans cette affaire. Durant cette sorte de réunion technique, Rigobert Song va essayer de relayer les mêmes remarques que Souleymanou peu avant lui.

S’en suivent des échanges et par la suite, André Onana va faire le reproche à son staff, d’évoquer des questions techniques qui relèvent du secret du vestiaire, devant Ernest Obama qui n’a aucun rôle technique dans l’équipe et aucune fonction au sein des lions indomptables. Le ton va monter entre les différents protagonistes et la discussion va s’arrêter, car l’échange n’étant plus possible.

Rappelons au passage que bien avant cela, certains cadres de l’équipe dont André Onana et Choupo-Moting notamment, avaient pris les devants pour fustiger l’omniprésence de Ernest Obama au sein des vestiaires. 

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Ayant été mis au courant de cette situation, le président de la fédération va lors de la réunion technique de veille de match face à la Serbie, faire des remontrances à André Onana, en présence du même Ernest Obama. Le portier camerounais va clairement exprimer sa désapprobation face à cette hyper présence de son porte-parole au sein des vestiaires, ce qui selon lui n’est pas admissible.

Le président va lui rétorquer que ce n’est pas lui qui décide de comment l’équipe doit fonctionner et qu’il était libre de faire ses bagages et quitter la tanière s’il n’était pas content. Onana sera cette fois rejoint dans sa position par Rigobert Song qui va appuyer les propos de son joueur.

Un échange houleux va s’en suivre au point de susciter l’intervention de certains responsables de l’établissement hôtelier qui les abrite à Doha. La réunion technique va s’achever en queue de poisson et instructions seront donné au staff de ne pas faire jouer André Onana face à la Serbie et il va être mis à l’écart.

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André Onana n’a donc pas été mis à l’écart pour indiscipline comme le présume le communiqué de la Fecafoot, mais pour avoir contesté la volonté du président d’imposer au cœur du vestiaire, la présence de son porte-parole qui normalement ne devrait jamais se retrouver dans le secret du vestiaire. C’est ainsi que Epassy sera aligné comme titulaire hier face à la Serbie.

Dans la foulée, les autres joueurs, dans une action groupée, vont rédiger une sorte de lettre d’excuses au nom de leur coéquipier et l’inviteront à la signer. Chose que le portier de l’Inter va logiquement refuser, estimant que sa revendication était juste et dénuée de toutes insubordination vis-à-vis de qui que ce soit.

La mise à l’écart de André Onana sera donc maintenue. Voilà donc un pays où on est capable de suspendre un cadre de l’équipe nationale, pour avoir revendiqué qu’un intru ne soit plus admis au cœur du vestiaire. Ainsi va le Cameroun !

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Par Ivan Kamwa

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