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Après l’attaque de Zantiguila, un haut responsable malien avoue : « Le Mali seul ne peut pas lutter contre le terrorisme »

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Depuis un certain moment, le Mali est confronté à des attaques terroristes qui tuent et pillent la population. Le samedi dernier, une attaque terroriste à Zantiguila a fait plus de six morts et de nombreux blessés.

Au vue de ces nombreuse attaques, le sociologue malien Mohamed Amara a souligné que le « Mali seul ne peut pas lutter contre le terrorisme », dixit nos confrères de Mali Tribune.

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« Qu’est-ce qui explique cette recrudescence des attaques au centre du pays ?

Mohamed Amara : il y a deux niveaux d’explications. Le premier, c’est le fait que l’effectif militaire malien aujourd’hui ne permet pas concrètement de couvrir l’ensemble du territoire notamment le centre et le nord du Mali où il faut un déploiement massif de l’armée d’autant plus que la force Barkhane quitte le Mali. 

Deuxième niveau d’explication, le fait est que le départ de Barkhane du Mali laisse le champ libre aux narcoterroristes pour commettre leurs différents forfaits. Ces deux niveaux d’explications amènent à dire que le Mali a besoin d’un outil de défense plus performant pour occuper le terrain ; c’est-à-dire être dans une logique plutôt offensive que défensive pour aller chercher les groupes terroristes dans leurs cachettes.

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Ça nécessite la mise en place d’un nouveau logiciel militaire. En d’autres termes, il y a nécessité d’avoir des coopérations militaires, le Mali seul ne peut pas lutter contre le terrorisme d’autant plus qu’il est transfrontalier et international. Donc, la coopération avec l’ensemble des pays de la région notamment le Niger et le Burkina Faso est nécessaire. Mais, coopérer sans perdre son âme.

L’armée monte en puissance. Mais elle n’arrive toujours pas à anticiper les attaques malgré les moyens gigantesques. Pourquoi ? Il est difficile de faire une enquête dans les zones où l’armée monte en puissance pour corroborer cette affirmation. Monter en puissance suppose qu’on gagne en performance, en légitimité et on engrange des victoires. C’est-à-dire qu’on arrive à avoir des rapports de force dominants vis-à-vis de son adversaire ou de son ennemi. Mais il est difficile aujourd’hui pour les journalistes indépendants d’aller sur le terrain de façon libre et vérifier cette montée en puissance.

Donc, c’est une question très difficile et sensible à répondre telle que vous la posez. Malgré la montée en puissance de l’armée, la population malienne continue d’être massacrée, à fuir la pression terroriste. Moi, je ne parlerai pas de montée en puissance, tant qu’il n’y pas des articles documentant cette montée en puissance à partir d’enquête de terrain.

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C’est-à-dire des enquêtes journalistes, sociologiques ou toute forme d’investigation permettant en tout cas de créditer cette puissance. Il faudra à un moment qu’on arrive à renseigner tout ça. Enfin, la montée en puissance suppose pour moi le retour de l’administration ou la réouverture des écoles: bref, le redémarrage des activités quotidiennes.

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